Une mission jésuite s’installe près de Kourou au début du XVIIIe siècle, animée par le père Lombard jusqu’à sa mort en 1748 ; la Compagnie dissoute en 1762, le lieu retombe à l’état de hameau. C’est là qu’en 1763 débarquent les colons de l’expédition de Kourou, recrutés par milliers en Europe : les trois quarts meurent en quelques mois, et l’échec nourrira durablement la légende noire de la Guyane.
Le bourg comptait encore deux cents âmes autour de l’église Sainte-Catherine, quatre cents autres dispersées dans la savane et l’anse ; l’électricité n’y arrive qu’en 1948. Le départ forcé de Hammaguir, après l’indépendance de l’Algérie, conduit le CNES à chercher un autre champ de tir : quatorze sites sont examinés, et Georges Pompidou signe le 14 avril 1964 l’arrêté créant le centre en Guyane.
Le choix tient à la latitude — 5 degrés nord —, à l’absence de cyclones et de séismes, à une façade atlantique autorisant tous les azimuts et à une population clairsemée : Kourou comptait alors 660 habitants, cent cinq familles furent expropriées. La fusée-sonde Véronique part le 8 avril 1968. Le centre couvre aujourd’hui quelque 750 km² — Vega depuis 2012, Ariane 6 depuis 2024 — et la ville, 24 470 habitants en 2022, reste enclavée dans son emprise.