À quatorze kilomètres au large de Kourou, trois îlots volcaniques : Royale, Saint-Joseph et le Diable. Les premiers navigateurs les nommaient « îles du Triangle ». Le nom actuel leur vient des rescapés de l'expédition de Kourou de 1763, qui y trouvèrent refuge — sur ces hauteurs battues par le vent du large, ni moustiques ni fièvre jaune.
À partir de 1852, l'archipel devient l'antichambre du bagne guyanais ; quelque 70 000 hommes y passeront. Royale abrite l'administration et l'hôpital. Saint-Joseph, les cellules de réclusion — sans toit, fermées d'une simple grille au-dessus de laquelle circulent les gardiens. Le Diable reçoit les détenus politiques : Alfred Dreyfus y vit seul de 1895 à 1899. La fermeture, décidée en 1938, ne sera effective qu'en 1947.
Les îles appartiennent aujourd'hui au Centre national d'études spatiales : elles se trouvent sous la trajectoire des lanceurs et sont évacuées avant chaque tir. La chapelle de Royale et la maison du directeur, devenue musée du Bagne, ont été relevées ; des chantiers de bénévoles ont consolidé les ruines entre 2010 et 2021. L'île du Diable, elle, reste interdite d'accès — les courants y sont trop forts. C'est le site le plus visité de Guyane.