Saint-Laurent-du-Maroni occupe la rive droite du Maroni, face à la ville surinamaise d’Albina, visible depuis les berges. La commune est née de l’administration pénitentiaire : le bagne y est fondé à partir de 1852 et ce sont les condamnés qui bâtissent la ville. Érigée en commune pénitentiaire le 16 mars 1880, elle est alors peuplée presque uniquement de surveillants et de bagnards libérés.
Inauguré le 21 février 1858, le camp de la Transportation ne fut qu’un dépôt : tous les condamnés venus de métropole y débarquaient avant d’être répartis entre les camps et pénitenciers de la colonie. Les récidivistes et les évadés repris partaient pour les îles du Salut. Un décret-loi de 1938 décide la fin du bagne, qui ne cesse définitivement d’exister qu’en 1946. L’hôpital, lui, avait été construit en 1912.
Le site est classé monument historique par arrêté du 14 février 1995 ; une partie des bâtiments restaurés abrite aujourd’hui un musée. La ville comptait environ 50 000 habitants au recensement de 2020, dont 60 % de moins de dix-sept ans. Créoles, Bushinengué, Amérindiens, Hmong, Surinamais, Haïtiens et Brésiliens y composent la population. Les fouilles attestent une occupation amérindienne bien antérieure au bagne.