Fondée le 29 mars 1549 par Tomé de Sousa, premier gouverneur général, sur une péninsule qui sépare la baie de Todos os Santos de l’Atlantique, Salvador fut la capitale de l’Amérique portugaise jusqu’en 1763, quand le marquis de Pombal transféra le siège du gouvernement à Rio de Janeiro. La ville se lit sur deux niveaux : la Cidade Alta, défensive et administrative, au sommet d’un escarpement de 85 mètres, et la Cidade Baixa, commerçante, serrée autour du port.
Dès 1558, Salvador abrite le premier marché d’esclaves du Nouveau Monde : les captifs déportés d’Afrique sont affectés aux plantations de canne à sucre du Recôncavo. Le port devient le premier du Brésil, tourné vers la côte occidentale africaine à laquelle il vend tabac, cacao et cachaça. De cette traite, poursuivie jusqu’au XIXe siècle, procèdent le peuplement de la ville et les cultures afro-brésiliennes qui s’y sont formées : candomblé, capoeira, samba de roda du Recôncavo.
Le centre historique, 200 hectares assortis de 452 hectares de zone tampon, est inscrit au patrimoine mondial en 1985 au titre des critères (iv) et (vi). Le Pelourinho conserve le tracé du XVIe siècle et un bâti dense des XVIIe-XIXe siècles ; environ 1 350 immeubles y ont été restaurés dans les années 1990, tandis que la population résidente du centre ancien tombait de 9 853 habitants en 1980 à 3 235 en 2000.